Assemblée générale de copropriété : définition et rôle

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Christophe

L’article en bref

L’article en bref — Comprendre le fonctionnement des assemblées générales de copropriété en France.

  • Instance décisionnelle majeure : L’assemblée générale réunit tous les copropriétaires au moins une fois par an pour valider les décisions collectives de l’immeuble.
  • Règles de convocation strictes : Le syndic convoque au minimum 21 jours avant la réunion, avec ordre du jour détaillé et documents justificatifs.
  • Quatre régimes de majorité : La validité des votes dépend de la nature de la décision — majorité simple, absolue, double majorité ou unanimité.
  • Recours possibles : Les copropriétaires ont 2 mois pour contester une résolution devant le tribunal judiciaire si les règles légales n’ont pas été respectées.
  • Participation renforcée : La loi ELAN permet désormais la participation par visioconférence, facilitant l’engagement de chacun.

Propriétaire d’un appartement à Orange, dans le Vaucluse, j’ai assisté à ma première assemblée générale de copropriété avec une certaine appréhension. Ordre du jour touffu, votes à main levée, tantièmes… Autant de notions qui peuvent sembler opaques au premier abord. Pourtant, cette réunion annuelle structure toute la vie d’un immeuble. Je m’appelle Christophe, et je vous explique tout cela avec le regard d’un professionnel de l’immobilier qui côtoie ces situations au quotidien.

Qu’est-ce qu’une assemblée générale de copropriété ?

L’assemblée générale de copropriété est l’instance décisionnelle qui réunit l’ensemble des copropriétaires d’un immeuble au moins une fois par an. Elle constitue le pilier du fonctionnement collectif d’une copropriété. Sans elle, aucune décision notable ne peut être prise légalement.

Sa base légale repose sur la loi du 10 juillet 1965, texte fondateur qui régit encore aujourd’hui l’organisation de la copropriété en France. Cette loi définit précisément les droits et obligations de chacun — copropriétaires, syndic et conseil syndical.

Le syndic convoque cette réunion au plus tard 6 mois après le dernier jour de l’exercice comptable. La convocation doit parvenir aux copropriétaires au minimum 21 jours avant la date prévue. Elle contient l’ordre du jour, les documents justificatifs utiles aux votes, ainsi que — depuis le 4 juillet 2020 — un formulaire permettant de voter par correspondance.

La participation n’est pas obligatoire, mais je vous le dis franchement : ne pas venir, c’est laisser les autres décider à votre place. Et certaines décisions ont un impact direct sur vos charges ! Je vous invite d’ailleurs à consulter notre guide sur les charges prévisionnelles en copropriété pour mieux comprendre les enjeux financiers liés à ces votes.

Qui peut convoquer une assemblée générale ?

Le syndic est le premier responsable de la convocation. Mais le conseil syndical ou les copropriétaires eux-mêmes peuvent également en prendre l’initiative, à condition de représenter au moins un quart des voix de la copropriété.

La convocation peut être remise en main propre contre signature, adressée par lettre recommandée ou transmise par voie électronique. Chaque copropriétaire peut, en amont, demander par lettre recommandée l’inscription de questions à l’ordre du jour.

Les assemblées générales extraordinaires

Une assemblée générale extraordinaire peut être organisée en dehors du calendrier annuel habituel. Cela arrive lors de sinistres affectant les parties communes, de travaux urgents ou de toute situation qui ne peut attendre la prochaine réunion ordinaire. Elle obéit aux mêmes règles de convocation que l’assemblée classique.

Déroulement d’une réunion de copropriétaires : les étapes clés

À Orange comme ailleurs, le déroulement d’une assemblée suit un protocole précis. J’ai vu des AG bien menées et d’autres qui partaient dans tous les sens faute d’organisation. Voici comment cela se passe, étape par étape.

À l’arrivée, chaque participant signe une feuille de présence établie par le syndic. Ce document mentionne le nom, le domicile et les tantièmes de chaque copropriétaire. Sans cette feuille, l’assemblée est nulle. Ensuite, les présents désignent le président de séance à la majorité simple. Le syndic ne peut pas occuper ce rôle — ni son conjoint, ni ses proches.

Les votes se tiennent ensuite point par point, en suivant l’ordre du jour. Chaque copropriétaire dispose d’un nombre de voix proportionnel à ses tantièmes. Voici les quatre régimes de majorité qui s’appliquent selon la nature de la décision :

Type de majorité Seuil requis Exemples de décisions
Majorité simple (art. 24) Majorité des voix présentes ou représentées Travaux d’entretien, assurance de l’immeuble
Majorité absolue (art. 25) Plus de la moitié de toutes les voix Désignation du syndic, travaux d’économies d’énergie
Double majorité (art. 26) Deux tiers des voix + majorité des copropriétaires Vente de parties communes, modification du règlement
Unanimité 100 % des voix, sans abstention Suppression d’un ascenseur, souscription d’un crédit

À l’issue des débats, le syndic rédige le procès-verbal de séance. Il consigne le résultat de chaque vote. Ce document peut être établi dès la fin de la réunion ou dans les 8 jours suivants. Il est signé par le président de séance, le secrétaire et les scrutateurs éventuels.

Participation à distance : ce que la loi ELAN a changé

La loi ELAN a introduit la possibilité de participer par visioconférence ou tout autre moyen électronique permettant l’identification du copropriétaire. Une évolution que la période Covid-19 a largement accélérée, avec des dispositions spécifiques prolongées jusqu’au 1er avril 2021.

Après l’assemblée : notification et information

Le syndic notifie les décisions aux copropriétaires opposants ou défaillants dans le délai d’un mois suivant la tenue de l’AG. Tous les occupants de l’immeuble — bailleurs, locataires, propriétaires occupants — sont informés dans les 3 mois suivant chaque réunion.

Contester une décision et défendre ses droits de copropriétaire

Un vote vous semble irrégulier ? Vous étiez absent et une résolution vous lèse ? Il existe des recours. Les copropriétaires opposants ou défaillants disposent d’un délai de 2 mois pour agir, à compter de la notification du procès-verbal. Sans notification, ce délai s’étend à 5 ans.

L’action se porte devant le tribunal judiciaire du lieu où se situe l’immeuble. L’intervention d’un avocat est obligatoire. Une simple lettre recommandée à votre syndic ne suffit pas à annuler une décision.

Il faut attester que les règles légales d’organisation, de fonctionnement ou de prise de décision n’ont pas été respectées. J’ai accompagné des copropriétaires orangeois dans ces démarches — et je peux vous dire que la rigueur procédurale est indispensable dès le départ.

Mon conseil : prenez l’habitude de vérifier systématiquement la conformité de chaque convocation reçue. Délai de 21 jours respecté ? Ordre du jour complet ? Documents joints ? Ces vérifications simples peuvent faire toute la différence si une contestation devient nécessaire.

Sources : (Vaucluse) » target= »blank » rel= »noopener »>wiki de la ville Orange

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